Le Premier ministre français Sébastien Lecornu se rendra à Rabat pour une visite officielle de deux jours, les 16 et 17 juillet 2026. Ce déplacement, le premier à l’étranger depuis sa prise de fonctions, s’inscrit dans une volonté de renforcer les relations entre la France et le Maroc, après plusieurs années de tensions diplomatiques.
Accompagné d’une délégation ministérielle incluant notamment les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, Jean-Noël Barrot et Laurent Nuñez, il rencontrera son homologue marocain Aziz Akhannouch. Cette rencontre de haut niveau, inédite depuis 2019, marquera la reprise d’un dialogue constructif entre les deux gouvernements.
L’amélioration des relations franco-marocaines s’est accélérée depuis la reconnaissance par Emmanuel Macron, à l’été 2024, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cette décision, qui a suscité des tensions avec l’Algérie, avait permis de rétablir un climat de confiance lors de la visite d’État du président français à Rabat en octobre 2024. Plusieurs accords avaient alors été signés, scellant une nouvelle dynamique bilatérale.
une diplomatie française recentrée sur le Maroc
Le Maroc est désormais considéré comme un partenaire prioritaire pour la France au Maghreb. « Les relations sont excellentes, il s’agit maintenant d’en tirer profit », souligne Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam) à Genève. « Emmanuel Macron ne cherche plus à équilibrer sa relation entre le Maroc et l’Algérie, dont les liens avec Paris restent fragiles », précise-t-il.
Ce déplacement de Sébastien Lecornu s’inscrit dans une stratégie visant à approfondir les coopérations dans les domaines économique, sécuritaire, migratoire et de la défense. Une réunion entre les délégations des deux pays est prévue au ministère marocain des Affaires étrangères, avec à la clé la signature de plusieurs accords.
la question du Sahara occidental au cœur des discussions
Le soutien français au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental a contribué à l’adoption d’une résolution favorable à Rabat au sein de l’ONU en 2025. Ce territoire, anciennement colonie espagnole et considéré par l’ONU comme « non autonome », est au cœur d’un conflit opposant le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par Alger.
Parallèlement, les discussions porteront sur la coopération sécuritaire, notamment la possible extradition vers la France du Franco-Marocain Ismael Benahmed, soupçonné d’un meurtre commis à Paris en 2019 et récemment arrêté au Maroc.
vers une visite royale à Paris ?
Le point d’orgue de ce rapprochement pourrait être une visite du roi Mohammed VI en France, accompagnée de la signature d’un traité bilatéral. Les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont évoqué cette possibilité fin mai, sans en préciser la date. La dernière visite d’un souverain marocain en France remontait à mars 2000, lors d’un déplacement de trois jours visant à consolider la coopération entre les deux nations.
Ce déplacement s’inscrit dans une volonté de Paris de renforcer son influence au Maghreb, alors que les relations avec Alger restent tendues. « Emmanuel Macron, en fin de mandat, ne souhaite pas laisser une image d’échec au Maghreb avec l’Algérie et se tourne résolument vers le Maroc », analyse l’historien Pierre Vermeren. Selon lui, Rabat pourrait jouer un rôle d’intermédiaire pour aider la France à renouer avec plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, les deux partenaires partageant des intérêts communs dans la lutte contre la menace djihadiste au Sahel.

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