Les États-Unis viennent de prendre des sanctions contre une grande raffinerie d’or implantée au Rwanda, ainsi que deux de ses dirigeants, pour leur implication présumée dans la contrebande de minerais provenant des zones de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) tenues par les rebelles.

Selon Washington, ce « réseau » travaillerait main dans la main avec le groupe armé M23, qui contrôle des territoires riches en or et en coltan, un minerai stratégique utilisé dans l’électronique. Les autorités américaines affirment que des responsables gouvernementaux et des militaires rwandais supervisaient le système illégal.
Malgré les preuves accablantes rassemblées par les experts de l’ONU, Kigali continue de nier tout soutien au M23. Le gouvernement rwandais n’a pas réagi officiellement à ces nouvelles sanctions, mais il avait déjà qualifié d’« injustes et partiales » des mesures similaires adoptées par le passé.
La décision américaine, dévoilée jeudi, cible la raffinerie Gasabo Gold, son président Jean Malic Kalima et son directeur général Bosco Kayobotsi. Selon le Trésor américain, pas moins de 60 kilos d’or, représentant plusieurs millions de dollars, auraient été introduits clandestinement de l’est de la RDC vers Gasabo Gold au début de l’année en cours.
L’Union européenne avait déjà sanctionné cette même raffinerie l’année précédente, l’accusant d’avoir « profité du conflit armé » en RDC.
Par ailleurs, trois autres entreprises minières appartenant à M. Kalima – Bugambira Mines, Wolfram Mining and Processing et Rwinkwavu Mining Corporation – sont également visées par les sanctions américaines. Les entités concernées n’ont pas donné suite aux sollicitations.
Les avoirs de ces sociétés sous juridiction américaine seront gelés, et il est désormais interdit aux citoyens et entreprises des États-Unis de commerce avec les parties désignées.
« Les groupes voyous ne tireront pas profit du commerce illicite de minéraux pour déstabiliser la région », a déclaré le secrétaire au Trésor Scott Bessent dans un communiqué. « Les richesses minérales de la RDC appartiennent de plein droit au peuple congolais. »
Cette campagne de sanctions s’inscrit dans le cadre d’un accord de paix parrainé par les États-Unis, signé en décembre dernier par les présidents rwandais et congolais. L’accord ambitionne de mettre un terme au conflit qui sévit depuis des années dans l’est de la RDC et de favoriser un secteur minier transparent dans la région.
L’administration Trump espère aussi que cet accord attirera les investissements américains dans les minerais locaux, estiment des analystes. Toutefois, les affrontements se poursuivent dans l’est de la RDC malgré la signature de l’accord. Mercredi, lors d’un sommet consacré à l’évaluation de cet accord, des responsables de la RDC, du Rwanda et des États-Unis ont exprimé leur « grave préoccupation » face à l’escalade des combats.

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