10 juin 2026

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Cameroun : des milliards de francs cfa disparus dans la prédation d’État

Des milliards envolés : l’or, le pétrole et le bois au cœur d’un scandale financier

Chers compatriotes, Mesdames et Messieurs, jamais des chiffres n’auront aussi bien illustré l’ampleur de la prédation au Cameroun. Entre l’or, le pétrole et le bois, plus de 10 000 milliards de francs CFA ont été détournés, selon des révélations étayées par des éléments concrets. L’État camerounais, sous la direction du président Paul Biya, aurait ainsi précipité le pays dans une misère sans précédent, après des décennies de gestion opaque et de gabegie institutionnalisée.

Les ressources naturelles, premières victimes du pillage

Le sous-sol camerounais regorge de richesses, mais leur exploitation relève davantage du brigandage que de la gestion publique. Le pétrole, extrait par la SNH, a généré des recettes colossales, pourtant soustraites à tout contrôle parlementaire ou budgétaire. Le FMI, la Banque mondiale et l’ITIE ont maintes fois pointé du doigt des flux financiers massifs quittant le pays sans laisser de trace dans les comptes officiels. Les contrats signés avec des multinationales comme Glencore, où le brut a été bradé à moins de 30 % de sa valeur, ont vidé les caisses de l’État. Les cargaisons disparues et les revenus non déclarés de la SNH s’élèvent à plusieurs milliers de milliards de francs CFA.

Le bois n’a pas été épargné. 80 % de la production forestière serait illégalement commercialisée, avec la complicité active des autorités. Les forêts camerounaises, autrefois symbole de richesse écologique, ne sont plus que des champs de pillage à ciel ouvert. Résultat : des milliers de milliards de francs CFA se sont évaporés, transformant une économie potentiellement prospère en un désert financier.

Des marchés frauduleux et des fonctionnaires fantômes

Les lignes budgétaires 65 et 94, couvrant la période 2012-2021, ont été purement et simplement effacées des documents officiels. Ces deux lignes, censées représenter 5 400 milliards de francs CFA de dépenses, n’ont jamais fait l’objet d’aucune justification. Pire encore, le Tribunal Criminel Spécial (TCS), créé sous l’égide du régime, a condamné ses propres serviteurs pour des détournements approchant les 9 000 milliards de francs CFA entre 1997 et 2021.

Le fléau des fonctionnaires fantômes aggrave la situation. Selon les données du Minfi et du Trésor public, plus de 20 000 agents fictifs ont été rémunérés pendant des années. Chaque année, ce système frauduleux coûte au pays environ 200 milliards de francs CFA. Les scandales ne manquent pas : surfacturations massives sur l’autoroute Yaoundé-Douala, détournements lors de la CAN 2021, ou encore les vaccins contre le Covid-19, où des surfacturations documentées dépassent les 500 milliards de francs CFA.

Fraude fiscale et douanière : un système bien rodé

Les mécanismes de fraude sont systématiques et institutionnalisés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1 665 milliards de francs CFA de flux suspects en 2023, 1 246 milliards de francs CFA de fraude douanière documentée sur six ans, et 1 745 milliards de francs CFA de fraude au scanning au port de Douala, attribuée à SGS. Ces pratiques frauduleuses ont donné lieu à des luttes internes au sein du régime, où deux clans se disputent le contrôle des circuits de corruption.

L’enrichissement illicite du clan présidentiel

Le sommet de l’iceberg ? L’enrichissement personnel du clan Biya. Des enquêtes, notamment menées aux Pays-Bas, ont identifié des biens mal acquis s’élevant à 744 millions d’euros en France. Au Cameroun, le domaine de Nyom, attribué au Secrétariat général de la Présidence, vaut à lui seul 18 milliards de francs CFA. Des propriétés à Dubaï, évaluées à 44 milliards de francs CFA, et des séjours à l’Hôtel Continental de Genève, facturés 50 000 dollars la nuit, complètent ce tableau peu glorieux. Pourtant, aucun membre du clan n’a jamais respecté l’obligation constitutionnelle de déclaration de patrimoine.

Un bilan accablant : 26 000 milliards de francs CFA minimum

Le montant total de la prédation est vertigineux. Même en retenant une estimation conservatrice, 26 000 milliards de francs CFA ont été détournés. Mais ce chiffre, déjà hallucinant, pourrait n’être que la partie émergée de l’iceberg. Les experts estiment que le montant réel pourrait atteindre 80 000 milliards de francs CFA, si l’on intègre les montages opaques via des prête-noms et des paradis fiscaux.

Pour donner une idée de l’ampleur de ce pillage, ces 26 000 milliards auraient pu permettre au Cameroun de payer 36 années de salaires pour l’ensemble des 380 000 enseignants, soignants et soldats du pays. Ou encore de construire 2 600 hôpitaux de district, soit 260 par région. Une telle gabegie interroge : où est passée la richesse nationale ?

Vers une justice sans compromis

Chers compatriotes, il n’y aura ni amnistie ni négociation secrète. Chaque haut fonctionnaire impliqué dans ces malversations devra répondre de ses actes devant les juridictions nationales et internationales. La lutte contre l’impunité doit primer, car le Cameroun mérite mieux que cette spoliation organisée. Le peuple camerounais, plongé dans la misère malgré ses ressources, exige des comptes.