Une exclusion définitive prononcée à l’encontre de Willy Mengue, ancien cadre du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), pour des motifs de trahison et de non-conformité à la ligne politique du parti. Cette sanction émane de l’organe de médiation et d’arbitrage, validée par le directoire du parti.
Le Comité national de médiation et d’arbitrage (CNMA) a, par sa décision du 29 juin 2026, jugé le militant Willy Mengue coupable de multiples chefs d’accusation. Parmi ceux-ci figurent des actes de trahison, un refus manifeste de se plier à l’orientation politique et à la discipline interne du parti, des violations répétées des textes statutaires, une insubordination caractérisée et un manque de loyauté persistant envers les instances dirigeantes du MRC. Statuant en dernier ressort et de manière collégiale, le comité a rendu sa décision. Celle-ci a ensuite été approuvée à l’unanimité par les membres du directoire du parti le 7 juillet 2026, lors de la première session de juillet tenue au siège du MRC.
Le destin politique de Willy Mengue au sein du MRC a été scellé après l’examen d’une plainte déposée le 12 juin 2026 par Joseph Taffo, un militant de la Fédération régionale MRC du Littoral 2. La plainte accablait Willy Mengue, l’accusant de sabotage et de discrédit envers les membres du parti, et plus particulièrement son président national, Maurice Kamto. Ces accusations étaient en lien avec la dernière élection présidentielle et la récente convention du MRC. Il était notamment reproché à Mengue d’avoir proféré des propos injurieux à l’encontre du MRC et de son président lors de diverses apparitions médiatiques et sur les réseaux sociaux.
La décision du comité a mis en lumière plusieurs déclarations attribuées à l’intéressé. Willy Mengue aurait affirmé l’existence de deux MRC : un « originel » et un « in vitro ». Il aurait également soutenu que le professeur Maurice Kamto aurait repris la direction du MRC « par effraction », en violation des articles 68 et 29 des statuts du parti, et qu’il n’existerait aucun débat contradictoire au sein du directoire. Des moqueries quant à la position du président national sur le décès d’Anicet Ekane, ainsi que des insultes proférées sur les réseaux sociaux à l’encontre du président, ont également été relevées.
Ces déclarations, parmi d’autres, sont tombées sous le coup de l’article 81 du règlement intérieur du parti, qui énumère les motifs conduisant à l’exclusion définitive d’un militant du MRC. Ces motifs incluent, entre autres, la participation à un gouvernement sans l’approbation explicite du parti, le ralliement à une autre formation politique, l’organisation d’élections ou la convocation d’une instance du parti sans en avoir la compétence, les actes de trahison, l’engagement officiel du parti sans mandat préalable, le refus manifeste de se conformer à la ligne politique et à la discipline du parti, la violation manifeste et répétée des textes du parti, l’insubordination manifeste et le manque de loyauté répété envers les instances dirigeantes du parti, ainsi que toute condamnation pour des infractions de droit commun qualifiées de crime ou délit.
La décision du comité a été prise en l’absence des moyens de défense de Willy Mengue. Le comité a précisé avoir notifié l’intéressé de la plainte le 17 juin et lui avoir accordé un délai de quatre jours pour soumettre ses arguments par écrit. Cependant, jusqu’au 26 juin, aucune réponse n’a été reçue de sa part. Il se voit ainsi appliquer une sanction disciplinaire similaire à celle qui avait frappé Thierry Okala Ebode fin 2025. À l’instar de ce dernier, Willy Mengue contestait le retour de Maurice Kamto à la tête du MRC après sa démission, l’adhésion de Mengue au Manidem durant la présidentielle, sa démission du Manidem et son retour au parti d’origine. Willy Mengue a annoncé une conférence de presse pour le 9 juillet en début d’après-midi afin de s’exprimer sur cette exclusion.

Plus d'histoires
Sénégal : Ousmane Sonko contraint de retirer la révision constitutionnelle
Le Conseil Constitutionnel annule la réforme de la Constitution adoptée par Ousmane Sonko
Judith Suminwa à l’ONU: « La dignité des survivantes, la justice, les réparations et les services essentiels ne doivent plus être placés à la périphérie de la paix, mais au cœur de sa construction »