21 juin 2026

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Côte d’Ivoire : un leadership économique qui s’affirme dans l’UEMOA

Avec plus de 4 195 milliards de FCFA alloués aux investissements publics, la Côte d’Ivoire consolide sa place de moteur principal de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ce montant dépasse largement celui des autres pays membres et reflète la capacité d’Abidjan à financer simultanément de grands projets d’infrastructures, de transport, d’énergie et d’urbanisme. Les données budgétaires révèlent que l’enveloppe ivoirienne est presque deux fois supérieure aux investissements cumulés du Mali, du Burkina Faso et du Niger, qui totalisent environ 2 100 milliards de FCFA.

Dans l’ensemble de l’UEMOA, la Côte d’Ivoire représente près de 44 % des investissements publics programmés, une part considérable qui illustre sa domination économique. Son budget d’investissement est près de trois fois celui du Bénin, plus de quatre fois celui du Sénégal et plusieurs dizaines de fois supérieur à celui de la Guinée-Bissau. Cette capacité financière s’explique par la taille de l’économie ivoirienne, la plus vaste de l’Union, selon l’économiste Nouvou Berté, spécialiste en économie politique et finance internationale. Il souligne que le marché national, les recettes fiscales élevées et l’accès aux marchés financiers sont des leviers essentiels pour financer des programmes structurants.

En termes d’investissement par habitant, la Côte d’Ivoire atteint environ 116 500 FCFA, devançant le Togo, le Bénin, et largement le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Cependant, le volume des dépenses n’est pas le seul indicateur de performance. Certains pays, comme le Togo et le Bénin, consacrent une part plus importante de leur budget à l’investissement, avec des ratios supérieurs à ceux de la Côte d’Ivoire. Cela rappelle que l’efficacité de la dépense publique est cruciale : routes, ports, universités et réseaux électriques ne produisent des résultats que si les projets sont exécutés avec rigueur et répondent aux besoins économiques réels.

Les perspectives à moyen et long terme confortent la position de la Côte d’Ivoire. Selon un rapport du Centre for Economics and Business Research (CEBR) publié fin 2025, le produit intérieur brut ivoirien pourrait plus que doubler d’ici 2040. Cette projection repose sur la transformation industrielle, la vigueur de l’agro-industrie et une base d’exportations diversifiée incluant le cacao, l’or et l’énergie. Le Port autonome d’Abidjan reste également un hub logistique essentiel pour les échanges en Afrique de l’Ouest, renforçant l’influence régionale du pays.

Tous ces indicateurs confirment que la Côte d’Ivoire dispose des moyens financiers, des infrastructures et des capacités de production pour peser plus lourd que ses voisins dans l’économie de l’UEMOA. L’enjeu est désormais de transformer cette puissance économique en bénéfices durables pour les entreprises, l’emploi et le niveau de vie de la population.