En moins de quatre ans, le continent africain a connu une vague sans précédent de bouleversements politiques : neuf coups d’État ont renversé des gouvernements élus, installant des juntes militaires au pouvoir. Cette instabilité croissante s’inscrit dans un contexte plus large de défiance envers les modèles démocratiques traditionnels, notamment sous l’influence des dynamiques du « Sud global ».
L’Afrique tourne désormais son regard vers de nouveaux partenaires, tout en s’éloignant progressivement des exigences démocratiques imposées par les anciennes puissances coloniales. Depuis l’appel historique de François Mitterrand à La Baule en 1990, les pays du continent avaient progressivement adopté des réformes pour se conformer aux standards occidentaux. Pourtant, ces mesures, parfois mal adaptées ou mal appliquées, ont fini par alimenter un rejet des institutions et des valeurs démocratiques qu’elles étaient censées promouvoir.
Cette remise en question s’accompagne d’une montée des régimes qualifiés d’« illibéraux », où les libertés individuelles s’effritent au profit d’un contrôle accru des pouvoirs en place. Les citoyens africains, en quête de stabilité, se retrouvent ainsi confrontés à un dilemme : choisir entre des démocraties formelles, souvent perçues comme inefficaces, et des alternatives autoritaires, présentées comme plus efficaces sur le court terme.

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