L’AFC/M23, par l’intermédiaire de son coordonnateur politique Corneille Nangaa, a vivement critiqué jeudi ce qu’il considère comme des propos irresponsables et bellicistes tenus par le président Félix Tshisekedi à Houston, aux États-Unis. Devant une partie de la diaspora congolaise, après le match opposant la RDC au Portugal lors de la Coupe du monde, le chef de l’État a promis une reconquête imminente des zones contrôlées par ce mouvement politico-militaire dans l’est du pays.
Depuis Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, Corneille Nangaa a exprimé son incompréhension face à l’attitude de la communauté internationale. Selon lui, le silence des médiateurs et des partenaires au processus de paix équivaut à une complicité, alors que les forces gouvernementales multiplient les attaques en violation des engagements pris et des efforts diplomatiques en cours.
« Face à cette situation dramatique et au regard des calamités qui s’ensuivent, nous avons la responsabilité, devant Dieu, l’Histoire et la Nation, de constater ce silence assourdissant de la médiation et des partenaires au processus de paix, qui frise la complicité. Surtout que la communauté internationale dispose d’informations détaillées sur la réalité du terrain, les bilans massifs des victimes civiles et les auteurs de ces crimes », a fustigé Corneille Nangaa.
Il a poursuivi en affirmant que les médiateurs des pourparlers de Doha, les missions diplomatiques, les agences internationales et les organisations de défense des droits humains sont informés de la détérioration continue de la situation sécuritaire et humanitaire, notamment dans les Hauts-Plateaux de Minembwe. « Cette absence d’action renforce le sentiment d’impunité et encourage la poursuite des violences », a-t-il déploré.
M. Nangaa a également dénoncé la tendance à minimiser la crise dans l’est de la RDC. Selon lui, Félix Tshisekedi compromet sans cesse les efforts de paix sous le regard impuissant des partenaires internationaux. « Nous refusons que les souffrances des populations de l’Est du Congo soient traitées comme une tragédie périphérique qui se déroule à plus de 2 000 kilomètres de Kinshasa. Chaque vie humaine mérite la même protection et la même considération », a-t-il insisté.
« Le renforcement des dispositifs militaires et le déploiement continu de nouvelles forces sur le terrain sont antithétiques avec un processus de désescalade sincère. De nombreux engagements pris dans le cadre du processus de paix demeurent lettre morte. Alors que plusieurs centaines de prisonniers de guerre ont été libérés par l’AFC/M23 comme mesure de confiance, les engagements réciproques attendus de la part du régime de Kinshasa n’ont connu aucune mise en œuvre », a-t-il ajouté.
Cette nouvelle escalade verbale entre Kinshasa et la rébellion soutenue par le Rwanda intervient dans un contexte de tentatives diplomatiques — accords de Washington et processus de Doha — visant à instaurer un cessez-le-feu durable. Toutefois, ces initiatives n’ont pas encore produit de résultats concrets sur le terrain, où les hostilités se poursuivent. Malgré les appels nationaux, régionaux et internationaux au respect des engagements, le fossé entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques peine à se réduire, chaque partie interprétant les accords à sa manière.

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