20 juin 2026

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Gabon : le plan énergétique 2026-2035 dévoilé au Cap

C’est au Cap, en marge du Forum africain de l’énergie, que le Gabon a présenté son plan énergétique pour la période 2026-2035. La délégation gabonaise, emmenée par le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, a détaillé les axes stratégiques devant un public de plus de quarante-cinq pays, des institutions financières internationales, des fonds spécialisés et des grands opérateurs du secteur. L’ambition de Libreville : redonner au pays une place de choix sur la carte énergétique africaine et attirer une partie des capitaux disponibles sur le continent.

Une feuille de route décennale pour réduire le déficit énergétique

Ce plan décennal vise à organiser durablement le mix énergétique national. Le Gabon, dont la production électrique repose encore largement sur l’hydroélectricité et le thermique, souhaite diversifier ses sources d’approvisionnement tout en élargissant l’accès des populations aux services de base. L’accès universel à l’électricité reste une priorité, surtout dans les zones rurales où le taux de raccordement est nettement inférieur à celui des villes.

Pour les autorités gabonaises, l’enjeu dépasse la simple production. Il faut aussi moderniser un réseau de transport et de distribution vieillissant, qui pèse sur la qualité du service et génère des pertes techniques. Le plan s’articule donc autour de trois piliers : augmentation des capacités installées, renforcement des infrastructures de transport et déploiement de solutions décentralisées pour les zones isolées. Cette approche intégrée doit rendre crédible l’objectif d’un accès universel, affiché comme priorité gouvernementale.

Le Cap, vitrine pour attirer les financements

Le choix du Forum africain de l’énergie comme vitrine n’est pas un hasard. Chaque année, cette rencontre au Cap rassemble une part importante des décideurs publics, des prêteurs multilatéraux et des investisseurs actifs en Afrique. Pour un pays comme le Gabon, qui doit composer avec des marges budgétaires limitées et une dette publique sous surveillance, la mobilisation de financements concessionnels et de capitaux privés est une condition clé de la réussite du plan.

Philippe Tonangoye a saisi cette occasion pour présenter les opportunités d’investissement à venir, tant dans la production renouvelable que dans le segment thermique de transition. Le Gabon possède un potentiel hydroélectrique encore largement sous-exploité, estimé à plusieurs gigawatts, ainsi que des atouts solaires significatifs dans certaines régions. S’y ajoutent les perspectives offertes par le gaz naturel, dont la valorisation locale pour la production électrique est un axe défendu par les autorités.

La présence d’institutions financières internationales et de fonds d’infrastructure à la rencontre offre à Libreville un canal direct pour amorcer des négociations bilatérales. Au-delà des annonces, la transformation du plan en projets bancables reste le véritable test. Les bailleurs attendent généralement des cadres réglementaires stables, des appels d’offres compétitifs et une visibilité tarifaire avant de s’engager sur le long terme.

Souveraineté énergétique et arbitrages industriels

Le plan 2026-2035 s’inscrit dans une dynamique plus large de réaffirmation de la souveraineté économique portée par les autorités de transition. La question énergétique en est un pivot, car une électricité fiable conditionne le développement des chaînes de valeur industrielles locales, notamment dans le bois, les mines et la transformation des hydrocarbures. L’ambition de monter en gamme sur ces filières nécessite une offre énergétique compétitive et régulière.

Reste à concilier cet impératif avec les engagements climatiques du pays, qui se présente comme un acteur exemplaire de la préservation forestière. L’arbitrage entre développement de capacités thermiques rapidement mobilisables et accélération des renouvelables structurera probablement les choix d’investissement de la prochaine décennie. Le Forum du Cap a permis d’ouvrir publiquement ce débat et de tester l’appétit des investisseurs pour le marché gabonais.