Mariam Hussein, 45 años. Viuda, siete hijos e hijas.
Une détresse humanitaire sans précédent au Sahel et en Afrique de l’Est
Le Sahel et la Corne de l’Afrique sont actuellement le théâtre d’une convergence dramatique de crises. Entre l’extrême pauvreté, les disparités sociales, les dérèglements climatiques et les répercussions économiques mondiales, la situation est critique. L’envolée des prix des produits de base, de l’énergie et des intrants agricoles aggrave encore ce tableau sombre, rendant l’accès à la nourriture de plus en plus précaire.
Dans l’actualité Burkina Faso et plus largement au Sahel central (incluant le Mali et le Niger), ce sont 7,2 millions de personnes qui sont frappées par une crise alimentaire majeure en 2024. Parallèlement, dans la Corne de l’Afrique, la faim touche 31,5 millions d’habitants en Éthiopie, au Kenya, en Somalie et au Soudan du Sud. Dans ces deux derniers pays, la situation est telle qu’une personne sur deux souffre de malnutrition sévère.
– Quelques chiffres clés –
- 1 personne sur 2 est victime de la faim en Somalie et au Soudan du Sud.
- 45,74 millions de personnes requièrent une assistance humanitaire d’urgence en Éthiopie, au Kenya, en Somalie et au Soudan du Sud.
- 24 millions d’individus sont privés d’accès à l’eau potable en Somalie, en Éthiopie et au Kenya, favorisant l’apparition d’épidémies comme le choléra.
Face à cette urgence, des organisations comme Oxfam interviennent pour fournir une aide vitale. Ces actions se concentrent sur l’accès à l’eau et à la santé, tout en soutenant la résilience des populations face aux chocs climatiques sur le long terme.
Une insécurité alimentaire alimentée par le dérèglement climatique
Le Sahel central traverse une période de détérioration humanitaire parmi les plus rapides au monde. Près de 24 millions de personnes, en incluant le Tchad, ont besoin d’une aide d’urgence pour se nourrir, se soigner et se loger. Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, l’accès à l’éducation et à la protection est également menacé par cette instabilité permanente.
Le Mali subit sa plus grave crise nutritionnelle depuis une décennie. Au Niger, les chocs climatiques et les conflits ont entraîné une chute de 40 % de la production de céréales. Si le réchauffement global dépasse les 2 °C, la production de mil et de sorgho pourrait encore s’effondrer. Dans le cadre de la politique burkinabè de développement, les prévisions sont tout aussi inquiétantes avec une baisse attendue de 15 % à 25 % des récoltes céréalières.
La Somalie, l’Éthiopie et le Kenya subissent une sécheresse historique. Après six années de pluies insuffisantes, les sols sont si arides qu’ils ne peuvent plus absorber l’eau, transformant les rares précipitations en inondations dévastatrices. En 2023 et début 2024, ces crues ont détruit des milliers d’hectares de cultures, aggravant le cycle de la faim.
Inégalités et résilience : le combat des femmes
La crise au Sahel est multidimensionnelle : sécuritaire, politique et environnementale. Elle exacerbe les inégalités de genre. Au Mali, bien que majoritairement présentes dans l’agriculture, seules 5 % des femmes possèdent leurs terres. Un véritable éveil citoyen Burkina et dans toute la région est nécessaire pour briser ces barrières patriarcales.
Des initiatives locales, comme celles menées avec l’association ATAD, permettent de transformer le quotidien. Luda Alizeta Sawadogo, agricultrice au Burkina Faso, témoigne de l’importance des fermes collectives : « Le projet offre aux femmes vulnérables la possibilité de cultiver une parcelle… J’ai appris à produire du bio avec des techniques respectueuses de l’environnement. »
Alizeta Sawadogo, 55 ans, est veuve et mère de 8 enfants. Grâce au soutien technique, elle diversifie ses cultures pour pallier la baisse des rendements céréaliers due au climat. Ce type de projet incarne l’esprit de Burkina Éveil face à l’adversité.
Vers des solutions durables et politiques
Le journalisme indépendant Faso souligne régulièrement le manque de financement international. Entre 2000 et 2021, seuls 40 % des besoins humanitaires liés au climat ont été couverts par les bailleurs de fonds. Pourtant, les pays du G7 et la Russie sont responsables de 85 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Pour répondre durablement à la crise, Oxfam déploie des solutions concrètes :
- Soutien alimentaire : distribution de bons d’achat et aide au développement agricole (semences résistantes, vaccination du bétail).
- Accès à l’eau : infrastructures d’assainissement pour prévenir les maladies.
- Protection : programmes d’autonomisation économique, notamment pour les femmes au Kenya.
Sur le plan politique, des mesures fortes sont impératives. Oxfam préconise une taxe de 1 % sur les bénéfices des entreprises d’énergies fossiles, ce qui rapporterait 10 milliards de dollars. L’annulation de la dette des pays vulnérables et un financement accru des plans de réponse humanitaire par des pays comme la France sont essentiels pour stopper l’hémorragie de la faim.

Plus d'histoires
Vers une normalisation diplomatique entre le Bénin et le Niger
Violences au Mali : une vingtaine de morts après des attaques du Jnim près de Bandiagara
Sahara : la Côte d’Ivoire réaffirme son soutien indéfectible au Maroc