11 août 2026

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Mali : 40 000 déplacés par les violences dans le nord et le centre du pays

Mali : 40 000 déplacés par les violences dans le nord et le centre du pays

Depuis la fin du mois d’avril, une escalade des combats et des bombardements force des milliers de Maliens à abandonner leurs foyers. Les villes de Gao et Ménaka, déjà sous tension, accueillent désormais une partie de ces populations en détresse.

Mali : 40 000 personnes contraintes de fuir les violences dans le nord et le centre

Une crise humanitaire qui s’aggrave

Près de 40 000 personnes auraient été déplacées depuis la fin avril, selon les estimations des acteurs humanitaires et sécuritaires. Plus de 15 000 de ces familles ont trouvé refuge à Gao et Ménaka, deux villes clés du nord malien. À Gao, un élu local évoque déjà plus de 7 000 nouveaux arrivants en seulement trois mois. Cette affluence, qualifiée d’inédite depuis plusieurs années, met à rude épreuve les ressources locales.

Kidal et Anéfis au cœur des affrontements

La dégradation de la situation sécuritaire trouve son origine dans une alliance entre les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA). Leur offensive récente a permis la prise de Kidal, une ville stratégique du nord du Mali. Les combats se sont intensifiés autour d’Anéfis, un autre point névralgique de la région. Pour les habitants, ces affrontements répétés signifient des déplacements forcés, l’abandon de leurs villages et un accès toujours plus difficile aux services de base.

Tinzawatene sous le feu des frappes aériennes

Depuis deux semaines, l’armée malienne aurait intensifié ses frappes dans la région de Kidal, notamment autour de Tinzawatene. Certaines de ces attaques auraient détruit des infrastructures sanitaires, aggravant encore la crise. Bien que les circonstances exactes de ces bombardements restent difficiles à vérifier en raison de l’accès limité aux zones concernées, leur impact sur les populations est indéniable : de nouveaux départs massifs sont enregistrés chaque jour.

Gao et Ménaka en première ligne

L’arrivée massive de déplacés représente un défi colossal pour les autorités locales et les organisations humanitaires. Ces familles, principalement originaires de la région de Kidal, ont besoin d’un hébergement d’urgence, de nourriture, d’eau, de soins médicaux et d’un soutien pour les enfants. Pourtant, les capacités d’accueil à Gao et Ménaka sont déjà saturées. Cette situation intervient alors que le Mali compte officiellement plus de 400 000 personnes déplacées internes, un chiffre que plusieurs acteurs humanitaires jugent sous-estimé. La nouvelle vague de déplacements risque donc d’alourdir une crise humanitaire déjà critique.

Une crise sécuritaire qui persiste depuis 2012

Le Mali fait face à une crise sécuritaire profonde depuis 2012, marquée par l’expansion de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que par des milices communautaires et indépendantistes. Malgré les deux coups d’État militaires survenus en 2020 et 2021, les autorités de transition ont fait de la reconquête des territoires et de la restauration de la sécurité leurs priorités absolues. Pourtant, la reprise récente des combats illustre les limites de cette stratégie.

Alors que les populations du nord du Mali ont déjà connu plusieurs vagues de déplacements au fil des années, des milliers de familles sont à nouveau contraintes de quitter leurs villages pour échapper aux violences. Pour Gao et Ménaka, le défi est désormais de répondre à l’urgence humanitaire sans disposer des moyens nécessaires. Et pour les habitants des zones de combat, une question reste en suspens : combien de temps pourront-ils encore espérer rester chez eux ?