Mali : Kouakourou déserté après la victoire jihadiste du Jnim sur l’armée
Les témoignages recueillis auprès des habitants et des notables locaux confirment l’ampleur de la déroute.
Samedi 18 juillet 2026, le groupe jihadiste Jamaat Nusrat al-Islam wal Muslimin (Jnim) lance une offensive éclair contre le camp militaire de Kouakourou, situé dans la région de Mopti. Les assaillants, déterminés et bien organisés, prennent rapidement le contrôle des installations, malgré la résistance initiale des forces maliennes. Le dimanche suivant, un hélicoptère de l’armée malienne est abattu lors d’une tentative d’évacuation ou de contre-attaque. Plusieurs militaires en civil, surpris alors qu’ils cherchaient à se mêler aux civils, sont capturés. Parallèlement, les jihadistes imposent un ultimatum aux villageois : évacuer immédiatement ou faire face aux conséquences.
Un convoi militaire neutralisé avant d’atteindre sa destination
Dès le début de la semaine qui suit l’attaque, l’armée malienne engage des raids aériens dans la zone. Les communiqués officiels revendiquent, mardi 21 juillet, la « neutralisation » de cinq « terroristes » circulant à moto, ainsi que la destruction d’un véhicule transportant du matériel logistique. Pourtant, ces frappes ne suffisent pas à rétablir la situation.
Une colonne de renforts, composée de soldats maliens et de membres de l’Africa Corps, est dépêchée vers Kouakourou. Mais le convoi ne parvient jamais à destination. Piégé à plusieurs reprises par des embuscades, des attaques de drones et la destruction d’un pont stratégique, il est contraint de battre en retraite vers Djenné, à près de 40 kilomètres de Kouakourou.
Des centaines de déplacés accueillis dans des conditions précaires
Face à l’avancée des jihadistes, la population de Kouakourou n’a d’autre choix que de fuir. Les habitants se dispersent vers les villages voisins de Pora ou Saba, où la solidarité locale atténue quelque peu la rudesse des conditions de vie. D’autres rejoignent Djenné, où ils sont pris en charge dans une école de la ville. Plusieurs centaines de personnes – parmi lesquelles des hommes, des femmes et des enfants – y trouvent un abri temporaire. Les autorités locales, soutenues par la Direction nationale du développement social, ont acheminé des tonnes de vivres et des moustiquaires pour répondre aux besoins les plus urgents. Les dons continuent d’affluer, et certains déplacés ont même entrepris le long trajet jusqu’à Bamako, la capitale, dans l’espoir d’y trouver une solution.

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