10 juin 2026

burkina-eveil

Éveillez-vous à l'actualité du Burkina Faso avec un journalisme rigoureux, citoyen et engagé.

Nouveau durcissement au Burkina Faso : deux associations musulmanes suspendues

Nouveau durcissement au Burkina Faso : deux associations musulmanes suspendues

Les autorités du Burkina Faso viennent de prendre une mesure forte en suspendant pour trois mois deux associations musulmanes. Cette décision, officialisée par deux arrêtés ministériels, survient dans un contexte de tensions accrues après l’arrestation d’un imam dont les prises de position dérangent.

Suspension de deux associations musulmanes au Burkina Faso après l’arrestation d’un imam critique

La junte militaire dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré frappe fort au Burkina Faso. Deux associations musulmanes viennent d’être suspendues pour une durée de trois mois par le ministère de l’Administration territoriale. Parmi elles, la Coordination des jeunes musulmans du Burkina Faso a été visée pour son rôle supposé dans des troubles à l’ordre public, tandis que l’association As Salam est accusée d’activités non conformes à ses statuts.

Une décision liée à l’affaire de l’imam Mohamad Ishaq Kindo

Ces suspensions s’inscrivent dans un contexte explosif, à peine deux semaines après l’arrestation de l’imam Mohamad Ishaq Kindo, une figure majeure de l’islam sunnite au Burkina Faso. Ce dernier s’était illustré en critiquant publiquement un projet de loi visant à encadrer davantage la liberté religieuse dans un pays où l’islam rassemble près de 60 % de la population.

Depuis son interpellation le 26 mai, son lieu de détention n’a fait l’objet d’aucune communication officielle. Plusieurs de ses partisans, mobilisés par des appels à sa libération, ont également été placés en garde à vue après des rassemblements spontanés.

Un pouvoir en quête de contrôle sous prétexte de stabilité

Depuis son accession au pouvoir à l’issue d’un coup d’État en septembre 2022, Ibrahim Traoré et son gouvernement n’ont cessé de renforcer leur emprise sur les voix dissidentes. Les autorités justifient cette rigueur par la nécessité de préserver la stabilité du pays, en proie à une insécurité persistante depuis plus d’une décennie.

Plus de 900 structures associatives concernées depuis deux mois

Entre avril et mai derniers, les autorités burkinabè ont déjà suspendu 811 associations et dissous 118 autres structures, principalement pour défaut de conformité administrative. Ces mesures suscitent de vives inquiétudes parmi les observateurs, qui y voient une remise en cause progressive des libertés publiques dans un Sahel en proie à une crise sécuritaire sans précédent.