Lors de son passage remarqué à Touba et Mbacké, Ousmane Sonko a transformé ces escales en tribunes politiques percutantes, marquant les esprits par des prises de parole audacieuses. Après avoir lancé une opération de vente de cartes, le leader du Pastef a enchaîné avec une réunion à Ngacc, où il a ciblé sans détour certains responsables politiques.
Il a vivement critiqué ceux qu’il accuse de rechercher des postes ministériels pour répondre à des ambitions personnelles plutôt que de servir l’intérêt général. « Ces individus se précipitent vers le palais présidentiel dans l’espoir d’obtenir un ministère, une attitude que le Pastef condamne fermement », a-t-il dénoncé. Pour illustrer l’éthique de son parti, il a mis en avant les valeurs de ses ministres : « Un membre du gouvernement Pastef ne détourne pas les fonds publics, ne gonfle pas les coûts des contrats. Si son honneur est mis en cause, il démissionne sans hésiter. »
Parmi les révélations les plus marquantes, Ousmane Sonko a évoqué l’acheminement d’argent public détourné vers la ville sainte. « Récemment, des fonds publics ont été transférés à Touba. Or, il s’agit de l’argent du peuple, volé et détourné de sa destination initiale », a-t-il affirmé avec force. Il a précisé que ces fonds ne servaient pas à des fins politiques, mais à des « besoins stratégiques liés à des calculs électoraux », une affirmation susceptible de raviver les débats sur les liens entre le pouvoir et les autorités religieuses.
Le ton s’est encore durci lorsque Ousmane Sonko s’est adressé directement au président Bassirou Diomaye Faye. Il a rapporté des propos attribués au chef de l’État concernant les directeurs généraux proches du Pastef : « Vous ne pouvez pas être mes directeurs généraux et œuvrer pour l’élection d’un autre candidat en 2029. »
Réagissant avec ironie, Sonko a lancé : « S’il le souhaite, qu’il limoge tous ces directeurs généraux dès mercredi. » Il a souligné que la majorité d’entre eux disposaient déjà de revenus confortables avant leur nomination, mettant ainsi en doute leur besoin de ces postes pour subvenir à leurs besoins. « Ils n’ont pas besoin de ces fonctions pour survivre », a-t-il martelé.
Le leader du Pastef a également pointé du doigt la gestion des nominations par le président, estimant que ce dernier devrait se concentrer sur des enjeux plus urgents que de faire de ces cadres des « sauveurs providentiels ». « Il risque de plonger le pays dans le chaos en nommant ces directeurs généraux sans discernement », a-t-il averti. Ces déclarations témoignent d’une fracture croissante entre Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, dans un contexte politique déjà tendu.

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