19 septembre 2026

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Pêche au Gabon : ce que révèle la renégociation de l’accord avec l’Union européenne

Derrière l’annonce d’un nouveau partenariat de pêche entre le Gabon et l’Union européenne, une bataille de fond se joue : celle de la souveraineté halieutique et du rééquilibrage économique. Le 18 septembre 2026, le Conseil des ministres réuni à Port-Gentil a autorisé l’ouverture de négociations pour un nouvel Accord de partenariat de pêche durable (APPD) et son protocole d’application. Une décision qui intervient après la dénonciation, en juin 2025, d’un accord jugé déséquilibré. Analyse des ressorts d’une renégociation qui engage l’avenir de la filière.

Un mandat de négociation pour le ministre de la Pêche

Le ministre de la Pêche, de la Mer et de l’Économie bleue, Aimé Martial Massamba, a été chargé de conduire la préparation d’un nouveau partenariat de pêche avec l’Union européenne. Réuni le vendredi 18 septembre 2026 au Palais présidentiel de Port-Gentil, le Conseil des ministres a autorisé l’ouverture des négociations en vue de conclure un nouvel Accord de partenariat de pêche durable (APPD) et son protocole d’application. Il a également validé la notification officielle de la position gabonaise à Bruxelles, la mise en place d’une équipe nationale de négociation et l’établissement d’un calendrier pour les différents rounds de discussions.

Un partenariat dit « renouvelé, équilibré et mutuellement bénéfique »

L’exécutif gabonais affiche sa volonté de parvenir à un accord présenté comme renouvelé, équilibré et mutuellement bénéfique. Il entend toutefois garantir la souveraineté du Gabon sur ses ressources halieutiques et leur exploitation durable. Cette position s’inscrit dans la droite ligne de la dénonciation, le 4 juin 2025, de l’accord de pêche qui liait le pays à l’Union européenne.

Retour sur un accord dénoncé pour déséquilibre

Le protocole signé en juin 2021, arrivé à échéance le 28 juin 2026, autorisait jusqu’à 33 navires européens à pêcher des espèces thonières dans les eaux gabonaises. En contrepartie, l’Union européenne versait notamment 1,6 million d’euros par an au Gabon, auxquels s’ajoutaient les contributions des armateurs. Le gouvernement gabonais avait annoncé son intention de ne pas reconduire l’accord dans sa forme actuelle, estimant que celui-ci présentait un déséquilibre au détriment du Gabon, tant sur le plan économique que sur celui de la valorisation locale des ressources halieutiques.

Bruxelles privilégie le dialogue

Le renouvellement du partenariat intervient alors que Libreville et Bruxelles ont déjà engagé des échanges sur l’avenir de leur coopération dans le secteur. En juin 2026, l’Union européenne s’était déclarée disposée à négocier un accord de « nouvelle génération » et un nouveau protocole d’application, en prenant en compte les préoccupations exprimées par le Gabon.

Cécile Abadie, Ambassadrice de l'UE au Gabon / Gabonactu.com

C’est dans ce contexte que l’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon, Cécile Abadie, avait accordé un entretien exclusif, au cours duquel elle appelait à privilégier les échanges plutôt que la confrontation. Elle déclarait notamment : « Mon souhait, c’est que nous puissions nous mettre autour de la table et discuter de chacun de ces points le plus rapidement, le plus efficacement possible ». Une prise de parole qui traduit la volonté de Bruxelles de maintenir le dialogue et d’ouvrir la voie à la négociation d’un nouveau partenariat.

À propos

Le ministre Aimé Martial Massamba inscrit pour sa part la souveraineté halieutique, la lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) et le développement d’une économie bleue durable parmi les priorités de son département.