Tchad : la voix des opposants étouffée par le régime, selon Alifa Younous Mahamat
Alifa Younous Mahamat, coordonnateur du Parti socialiste sans frontières (PSF) en France et en Europe, tire la sonnette d’alarme sur la situation politique au Tchad. Pour lui, les récentes condamnations de huit opposants tchadiens à huit ans de prison ferme illustrent une stratégie de musellement de toute voix dissidente par le pouvoir en place.
Condamnations arbitraires : une justice instrumentalisée pour étouffer l’opposition
Vendredi dernier à N’Djamena, huit dirigeants de partis politiques membres du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), principale coalition d’opposition du pays, ont écopé de huit ans de prison ferme. Une décision que dénonce avec véhémence Alifa Younous Mahamat : « Ces arrestations et condamnations arbitraires sont inacceptables. Elles révèlent une dérive autoritaire où la justice devient un outil politique ».
Les opposants avaient été interpellés quelques jours avant une manifestation pacifique interdite par les autorités. Pour le responsable du PSF, cette affaire confirme que le Tchad s’enfonce dans un régime dictatorial : « La pensée unique s’impose par la peur et la répression ».
Une opposition systématiquement réduite au silence
Selon Alifa Younous Mahamat, ces condamnations s’inscrivent dans une politique plus large visant à neutraliser toute opposition crédible. « Aucune voix dissidente n’est épargnée, elles sont toutes réduites au silence », déclare-t-il. Il évoque un climat politique de plus en plus verrouillé : « Aujourd’hui, au Tchad, il est impossible pour un parti d’opposition de jouir pleinement de ses droits fondamentaux : liberté d’expression, droit de réunion, liberté syndicale ».
Cette répression s’ajoute à celle subie par Succès Masra, ancien Premier ministre et figure majeure de l’opposition, condamné à 20 ans de prison il y a près d’un an. Une escalade qui inquiète la communauté internationale.
La diaspora tchadienne mobilisée pour dénoncer l’injustice
Depuis la France et l’Europe, la diaspora tchadienne joue un rôle clé dans la dénonciation de la répression au Tchad. « Nous sommes la voix de ceux qui ne peuvent plus s’exprimer dans leur propre pays », explique Alifa Younous Mahamat. Il multiplie les interventions auprès d’institutions internationales et d’organisations de défense des droits humains pour alerter sur la dégradation de la situation.
« Nous appelons la communauté internationale à une réaction forte et unie », insiste-t-il. En parallèle, le coordonnateur du PSF a engagé des discussions avec des responsables politiques français, notamment avec des députés et sénateurs, ainsi qu’avec des membres de La France insoumise, dont le leader Jean-Luc Mélenchon.
L’internationalisation du combat politique tchadien
Pour l’opposition en exil, la mobilisation internationale représente un levier essentiel face à l’autoritarisme grandissant du régime de Mahamat Idriss Déby. Les échanges avec les acteurs politiques français visent à maintenir une pression constante sur le pouvoir tchadien et à sensibiliser l’opinion publique aux atteintes aux droits humains dans le pays.

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