9 août 2026

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Tensions sécuritaires au Sahel : l’AES réagit vivement aux déclarations du président nigérian

L’AES regrette les propos du président nigérian sur la situation sécuritaire dans son espace
Le président Tinubu avait affirmé que l’insécurité au Mali, au Burkina Faso et au Niger aggravait les défis du Nigéria.
L’AES regrette les propos du président nigérian sur la situation sécuritaire dans son espace

Une rencontre diplomatique s’est tenue à Ouagadougou, où le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu le Chargé d’Affaires de l’Ambassade de la République fédérale du Nigéria. Cette entrevue faisait suite aux récentes déclarations du président nigérian, Bola Ahmed Tinubu, concernant la situation sécuritaire dans les nations de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Les Chargés d’Affaires des Ambassades du Mali et du Niger étaient également présents, soulignant ainsi l’unité et la position coordonnée des trois États membres de l’AES face à ces propos.

Le 30 juillet dernier, lors d’un échange avec des chefs traditionnels nigérians, le président Tinubu avait lié l’augmentation des enlèvements et des attaques terroristes au Nigéria à un prétendu « effondrement » de la sécurité dans les pays sahéliens voisins, comme l’a rappelé un communiqué du ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso.

L’AES regrette les propos du président nigérian sur la situation sécuritaire dans son espace

« Certains d’entre eux (les terroristes) ne sont pas Nigérians. Vous voyez, le problème de l’insécurité au Mali, au Burkina Faso et au Niger ne fait qu’aggraver nos difficultés », avait alors déclaré le Président Tinubu devant ces dignitaires.

Pour le chef de la diplomatie burkinabè, cette interprétation de la réalité sécuritaire « occulte les efforts considérables consentis quotidiennement par les Forces de défense et de sécurité, ainsi que par les populations, du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans leur lutte contre le terrorisme ». L’actualité Burkina Faso est marquée par une mobilisation constante pour la sécurité.

« C’est une analyse rapide, très simpliste et surprenante, qui révèle un biais préoccupant de la part de la première autorité du Nigéria. Nous aurions souhaité que le contexte sécuritaire soit présenté avec davantage de justesse, plutôt que de faire porter à des pays voisins la responsabilité d’une situation complexe, au risque d’alimenter des incompréhensions et des frustrations entre des peuples liés par l’histoire, la géographie et la fraternité », a affirmé Karamoko Jean Marie Traoré.

Il a également souligné que les propos du président Tinubu manquaient de considération pour les sacrifices consentis par l’armée nigérienne face à Boko Haram depuis des années, à une époque où le phénomène terroriste n’avait pas encore atteint l’ampleur actuelle dans les pays de l’AES.

Le ministre burkinabè a rappelé que malgré les liens avérés entre Boko Haram et certains groupes terroristes actifs au Sahel, les États de l’AES ont toujours évité les accusations publiques envers le Nigéria, privilégiant la coopération et la responsabilité partagée.

« Le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Nigéria font face au même ennemi. À ce titre, les succès enregistrés par les Forces de défense et de sécurité des pays de l’AES bénéficient à la sécurité de l’ensemble de la sous-région, y compris du Nigéria, en limitant les capacités de nuisance et la mobilité des groupes terroristes », a-t-il insisté, réaffirmant la politique burkinabè de solidarité régionale.

Traoré a ainsi exhorté les autorités nigérianes à privilégier des discours fédérateurs et porteurs de solidarité, plutôt que des déclarations susceptibles de créer des divisions ou des malentendus entre nations voisines.

En réponse, le Chargé d’Affaires de l’Ambassade du Nigéria a assuré avoir pris bonne note du message et s’est engagé à en rendre compte fidèlement à ses autorités à Abuja, selon le communiqué du ministère des affaires étrangères du Burkina Faso.