9 juin 2026

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Médiation africaine en RDC : orientations clés pour apaiser l’est du pays

Médiation africaine en RDC : orientations clés pour apaiser l’est du pays

Dans un contexte où les tensions persistent dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), la médiation africaine a franchi une étape décisive lors d’une réunion d’évaluation à Lomé. Organisée les 7 et 8 juin 2026 sous l’égide du président togolais Faure Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine (UA), cette rencontre a permis de définir des orientations stratégiques pour le second semestre de l’année, en vue de relancer les efforts de paix dans la région des Grands Lacs.

Réunion des facilitateurs de la médiation africaine à Lomé

Un bilan semestriel et des défis persistants

La réunion, qui s’est tenue sur deux jours, a réuni les membres du Collège des facilitateurs, ainsi que des représentants de l’ONU, de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), de la SADC, de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

L’objectif principal était d’évaluer les progrès réalisés depuis l’adoption de l’architecture de médiation à Lomé en janvier 2026, tout en définissant des priorités pour le second semestre. Malgré les efforts déployés, la situation sur le terrain reste marquée par un statu quo diplomatique et la poursuite des hostilités entre les forces gouvernementales congolaises et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.

Des orientations stratégiques pour renforcer l’efficacité

Plusieurs mesures clés ont été adoptées lors de cette réunion, visant à améliorer la coordination et l’efficacité du processus de médiation :

  • Renforcement de la coordination interne : Le Bureau du Médiateur, le Panel des facilitateurs, la Commission de l’UA et le Secrétariat conjoint indépendant ont été invités à travailler en étroite collaboration pour éviter les chevauchements et maximiser l’impact des actions.
  • Structuration des contributions africaines : Les parties prenantes ont souligné l’importance de présenter une position unifiée et légitime aux côtés des processus complémentaires de Washington et de Doha, pilotés respectivement par les États-Unis et le Qatar. Cela permettrait d’accroître l’appropriation et la mise en œuvre des accords.
  • Coopération renforcée entre États et organisations : Les participants ont appelé à une solidarité accrue entre tous les acteurs engagés dans la médiation, tout en respectant les mandats et responsabilités définis par l’architecture adoptée en janvier.
  • Plan d’action opérationnel : Un calendrier précis a été établi pour ajuster les plans de travail des membres du Panel des facilitateurs et élaborer, sous 15 jours, un plan d’action détaillé pour le second semestre 2026.

Un engagement collectif pour la paix

Dans un communiqué final, la présidence togolaise a insisté sur la « volonté collective renouvelée » et l’« esprit de responsabilité partagée » qui ont animé les débats. Les participants se sont engagés à mettre en œuvre avec diligence les décisions prises, à honorer leurs engagements et à œuvrer ensemble pour une paix durable dans l’Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs.

Contexte et cadre de la médiation

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts diplomatiques menés depuis plusieurs mois pour stabiliser l’Est de la RDC. La médiation africaine, placée sous l’autorité du président Faure Gnassingbé, s’appuie sur une équipe diversifiée de co-facilitateurs, tous anciens chefs d’État africains :

  • Olusegun Obasanjo (Nigeria) : questions militaires et sécuritaires.
  • Sahle-Work Zewde (Éthiopie) : questions humanitaires.
  • Uhuru Kenyatta (Kenya) : dialogue avec les groupes armés locaux.
  • Mokgweetsi Masisi (Botswana) : coopération économique régionale.
  • Catherine Samba-Panza (Centrafrique) : société civile, réconciliation et questions de genre.

Ces facilitateurs sont soutenus par un Secrétariat conjoint indépendant, associant le Togo, l’UA, la CAE, la SADC et la CIRGL. La Commission de l’UA, quant à elle, assure la coordination avec les partenaires internationaux, dont l’ONU, le Qatar et l’Union européenne.

Perspectives pour les prochains mois

Cette réunion de Lomé intervient après celle tenue en janvier 2026, lors de laquelle l’UA avait dévoilé son architecture de médiation. Les prochains mois seront cruciaux pour évaluer l’impact des nouvelles orientations et leur capacité à faire avancer le dialogue entre les parties prenantes. Les observateurs attendent avec impatience les premiers résultats concrets de cette médiation, dans un contexte où la population congolaise de l’Est aspire à une paix durable.